conte de noel 2017 albert delimard Suggérer par mail

Conte de noël 2017

Par un matin d'hiver glacial, les cristaux de neige, qui ressemblent à de minuscules étoiles qui scintillent viennent imperturbablement s'écraser contre la vitre d'une chambre d'hôpital pour enfin disparaître en goutte d'eau .Dans cette chambre d'hôpital, se trouve le petit Emmanuel . Comme chaque matin l’enfant effeuille une éphéméride posé à son chevet. Ce geste mobilise toute son énergie et tout son courage. Il est très affaibli. Pour Emanuel c'est un défi d'accomplir cette tâche quotidienne .Il s’agit presque même d’un exploit… Aujourd’hui, la date du 24 décembre apparaît…

Une maman est penchée auprès de son fils .Elle est accablée par l'angoisse, la peine, la douleur .Elle se bat pour garder l'espoir. Elle n'a pas remarqué que nous étions la veille de Noel.

Son papa de retour du travail se rend à l’hôpital. Il constate que toute la ville semble en fête. Lui reste dans la peine et le doute concernant le sort de son petit Emmanuel. Alors, il réfléchit un instant .Une joie l’envahit… Il se dit qu’après tout, c’est inespéré que nous puissions fêter Noël avec notre petit Emmanuel. C'est peut-être le dernier Noël que nous aurons la chance de partager avec lui . Il est toujours là. L’espoir demeure. Pour fêter cet heureux événement, il s'arrête dans un magasin et achète un sapin de Noël miniature emballé dans un vulgaire sac plastique. Il tend un billet de cinq euros à la caissière. Celle-ci ,sur un ton machinal lui dit : -<< et votre monnaie !>> .Comme sa tête est déjà ailleurs, il répond :-<< Mme, gardez tout . Je vous souhaite de passer un agréable Noël !>>.

Il arrive à l'hôpital. Il rentre dans la chambre de son fils. Ragaillardi et fier de pouvoir faire illusion d'apporter un peu de joie entre ces quatre murs. Il pose le minuscule sapin à côté de l'éphéméride.-<> Le petit Emmanuel s'envole dans ses rêveries… Chaussé de ses bottes, emmitouflées, il se voit fouler le blanc-manteau de neige dans cette immense foret… Un instant, il s’imagine que le vent glacial lui fouette le visage. Il respire son rêve ! Pourtant, la température de sa chambre ne varie jamais plus d’un degré.

Le papa :-<< oui, tu as raison, c'est vrai qu'il est beau ce sapin, mais quel regret, il n’ a pas de cadeau à ses pieds .

Le petit enfant :-<< mais si !Regarde, il y en a un énorme !… Même les aveugles pourraient le voir, même les manchots pourraient le tenir dans leurs bras . C'est un cadeau d'une valeur inestimable, les plus démunis pourraient l’ offrir aux plus riches…De plus, c'est un cadeau dans l'air du temps, écologique et sans emballage …Il ne se démodera jamais, et restera toujours compétitif. Tu n'auras jamais besoin de t’en séparer et de le mettre à la poubelle pour t’en procurer un nouveau plus performant.

Alors ce cadeau si merveilleux, quel est-il ?

Le partage !

Le partage et l’échange !

Je veux bien partagé avec ses enfants du bout du monde. Ceux là même qui marchent depuis les premières lueurs du jour sur des chemins escarpés, ceux-là qui se rendent à l'école à pied en chantant en chœur pour accélérer la cadence. Ensemble, ils se donnent du courage pour arriver avant que la cloche ne sonne. Mais il y a le benjamin, pour qui ce long trajet n’est pas gagné. Il n'a que 8 ans et ralentit un peu le groupe. Pour ne pas avouer clairement sa fatigue, il prétexte de s’arrêter de ci, de là, pour regarder les fleurs , les fourmis le long du chemin , ou écouter le chant des oiseaux. Pour lui, tous les prétextes sont bons pour faire une pause. Il se dit qu'après tout l'école est intéressante, mais qu’ elle est beaucoup trop loin et qu’ il y a tant de belles choses à découvrir pour comprendre le beau mystère qu’est ce foisonnement de vie qui nous entoure. Tout le groupe souhaite une seule chose. Une fois arrivé sur la piste principale, les enfants espèrent qu’ un camion de passage s'arrête pour les véhiculer jusqu’à leur école ( même une bétaillère ferait l'affaire !)

Nous, en échange, nous pourrions seulement leur proposer , afin d’arriver à l’heure en cours, le bus climatisé de 7:28, qui est toujours bondé et dont la bousculade en est la règle quotidienne. Les passagers sont rivés sur leurs écrans connectés avec l'au-delà, jusqu'à en ignorer la nécessité de partager quelques mots avec leurs voisins. Tout cela , dans une insécurité qui croît de jour en jour…

Oui ,nous pourrions tirer un grand profit en échangeant les valeurs de vivre de ces gens .Oui, nous pourrions oublier les valeurs de nos biens qui submergent notre société matérialiste. Oui, nous pourrions, échangé l'art de vivre de ces gens démunis de biens qui ont la joie de vivre et attachent une grande valeur à ce qui vit et qui ont l’ espoir dans l'avenir . Ces gens qui sont si pauvres de biens, mais si riches de cœur !

Nous pourrions aussi partager un bout de chemin avec ces hommes qui marchent de nuit, guidés par la seule lueur du clair de lune, contre la lumière artificielle de nos guirlandes de Noël.

Nous pourrions partager aussi avec les enfants qui rêvent de s'instruire et qui n'ont pas la chance d'avoir d'instituteurs , avec ceux qui rejettent l'autorité de l enseignement .

Nous pourrions échanger aussi notre peau de miel avec tous ces labels qui figurent sur son emballage, contre celui des ses cueilleurs de miel népalais, qui suspendus à une corde, sans aucune protection, se battent avec les abeilles pour récupérer un précieux miel sauvage qui se trouve a flan de falaise.

Nous pourrions échanger notre petit problème de surpoids, du au repas de fête, avec tous ceux qui sont mals nourris sur cette terre.

Oui , il ne faut pas se faire plaisir à donner à ceux qui nous paraissent les plus démunis à nos yeux ! Il faut seulement partager avec eux( ne serait-ce que quelques mots), car les modes de vie différents sont une richesse pour l’avenir de l’humanité

Nous nous enrichissons toujours en partageant nos connaissances avec les autres, alors, je veux bien partager pour que nous nous enrichissions un peu!

Je veux bien partager mon savoir avec cet homme qui tresse l’osier pour confectionner des paniers qui serviront d’ emballage .

Je veux bien partager mon savoir avec cet homme qui fait travailler habilement ses pieds et ses mains pour confectionner des cordages à base d'une vulgaire plante que l'on appelle la sisal .

 

Alors je suis très heureux, car vous avez partagé sans vous en rendre compte les valeurs de ce petit Emmanuel qui lui n'a pas grand pouvoir et pas de grands espoirs dans son avenir, mais qui rêve dans son délire, que demain, tous les enfants du monde mettent leur valeur en commun , pour créer un monde plus riche de valeurs humaines .

Moi, Albert, malgré tout ce que la vie m'a appris, je ne représente rien aux yeux de l'humanité .Tout au plus, sur la plage, je pourrais être représenter par un minuscule grain de sable qui arrive parfois à scintiller les reflets du soleil. Je veux bien partager avec le petit Emmanuel le bonheur de vivre l'instant présent ;( Emmanuel qui veut dire : le sauveur parmi nous ). Alors ma vie scintille de joie. Je veux bien faire l'effort en ce jour de Noël, de partager cette joie de vivre avec tous les êtres humains que je croise. Comme Partager son bonheur ne coûte rien… je veux bien essayer aussi, de partager cette joie de vivre les 364 autres jours de l'année.

Joyeux Noël. . Que mes vœux vous accompagnent joyeusement tout au long de 2018 et que cette année nouvelle soit l'année de la mondialisation des partages.

Albert. Un immense Merci à Morgane pour les corrections qu'elle a apportées à ce texte pour qu'il reste compréhensible

 
Suivant >